Travail indépendant, la revanche de la valeur sur la richesse ?

Sommes-nous témoins de l’amorce d’un phénomène de transformation : la réappropriation par les travailleurs de la valeur de leur travail ? Observons-nous une frange de travailleurs qui refusent la course au revenu (la richesse), pour privilégier l’équilibre personnel, le bien-être intérieur, l’épanouissement individuel ? Pour y répondre, afin d’approfondir le questionnement, des éléments de terrain seront recueillis directement auprès de travailleu.r.se.s indépendant.e.s à l’aide d’une enquête en ligne.

MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION A L’ENQUETE : Travailleu.r.se.s Indépendant.e.s, ce sondage comporte 11 questions très rapides à renseigner. J’ai besoin de vos contributions pour apporter de la matière à mon analyse. Merci par avance.

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfjTrGBV4mSncEHDk9VahxMcVNShVUq7akSxjmEiG_CH-BElw/viewform?vc=0&c=0&w=1

 

Depuis octobre 2018, au colloque Management des Technologies Organisationnelles (*), je poursuis ma réflexion sur le phénomène du travailleur solitaire sujet de l’article de recherche que je présentais alors.

Avec les nouvelles formes juridiques que prennent les travailleurs indépendants et la tendance remarquable des salariés à quitter « le confort » de leur contrat de travail pour se lancer à leur compte, j’observais que le corollaire de l’augmentation du volume de travailleurs indépendants, est la progression de l’ouverture des espaces collectifs, de création des locaux partagés type coworking.

Le travailleur solitaire tendrait à développer des pratiques solidaires de mutualisation des moyens : des locaux et du matériel, mais aussi de savoir-faire à travers les plate-formes collaboratives, et la multiplication d’outils collaboratifs…

 

Je me replongeais récemment dans l’œuvre d’Hannah ARENDT qui, parmi les multiples travaux et théories, analysait les fondements de la société capitaliste fin XIX° début XX° et avec elle le phénomène asservissant du travail. Selon Hannah Arendt, le capitalisme, en visant l’optimisation de la productivité du travail, a mis en œuvre l’organisation industrielle du travail et la parcellisation des tâches. Ainsi, l’organisation capitalistique du travail a séparé le travailleur de son outil de travail.

Alors que l’artisan transforme, produit et réalise en utilisant ses propres outils qu’il maîtrise, contrôle, répare, transforme voire invente : il se révèle et s’accomplit à travers sa réalisation. L’artisan existe et se prolonge à travers l’objet qu’il créé. Il s’agit d’une forme d’épanouissement individuel.

Ainsi, l’industrie en dépossédant le travailleur de ses outils de travail, crée une rupture dans ses savoir-faire réduisant sa fonction à une mono-tâche. Elle scinde le bien réalisé, son process de fabrication et les moyens de création.

Dans l’observation du travail asservissant, Hannah ARENDT explique l’émergence des loisirs, la nécessité de créer la notion de loisir aux côtés des temps de travail asservissant afin de permettre l’expression individuelle, la révélation personnelle, l’épanouissement du travailleur. L’émergence du loisir enterre l’épanouissement personnel par le travail : désormais l’épanouissement est réservé au temps de loisir, le travail étant l’espace de temps de servitude.

Hannah ARENDT distingue alors la différence entre richesse et valeur : la rémunération pécuniaire du travail rendu et l’épanouissement personnel grandissant le travailleur.

 

Nous observons ces dernières décennies des travailleurs salariés qui a 30, 40 ou 50 ans à la suite d’un ras le bol (au mieux) d’un burn out (au pire) décident de rompre avec la sécurité d’un contrat de travail rémunérateur avec un travail indépendant au statut plus aléatoire et incertain. Nous observons la fragilité de ces statuts indépendants où ces travailleurs solitaires sont exposés aux aléas économiques, fragilisent leur équilibre financier des suites de problématiques personnelles (santé, séparation, …). Le choix de ces travailleurs tend à privilégier la valeur travail comme révélateur de talent et épanouissement au risque de s’exposer à une précarité financière.

Est révélateur de ce phénomène, le discours ambiant qui circule sur les post dans les réseaux sociaux contenant des messages sur le vivre l’essentiel, être au présent, apprécier l’instant, faire en conscience…

Sommes-nous témoins de l’amorce d’un phénomène de transformation : la réappropriation par les travailleurs de la valeur de leur travail ? Observons-nous une frange de travailleurs qui refusent la course au revenu (la richesse), pour privilégier l’équilibre personnel, le bien-être intérieur, l’épanouissement individuel ? Pour y répondre, afin d’approfondir le questionnement, des éléments de terrain seront recueillis directement auprès de travailleu.r.se.s indépendant.e.s à l’aide d’une enquête en ligne.

MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION A L’ENQUETE : Travailleu.r.se.s Indépendant.e.s, ce sondage comporte 11 questions très rapide à renseigner. J’ai besoin de vos contributions pour apporter de la matière à mon analyse. Merci par avance.

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfjTrGBV4mSncEHDk9VahxMcVNShVUq7akSxjmEiG_CH-BElw/viewform?vc=0&c=0&w=1

 

(*) REFERENCE SUR AUTRES ARTICLES ET REFLEXIONS :

https://www.accapdis.com/force-collectif-travailleurs-independants/

https://www.accapdis.com/nouveau-management-liberalisation-pauperisation/

https://www.accapdis.com/outils-collaboratifs-parcellisation-travail-retour/

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